Actualité 18 07 2012

Diplomatie digitale : pionniers en la matière, les Etats-Unis sont aujourd’hui suivis par la France

La Netscouade

Par La Netscouade

Les réseaux sociaux sont utiles pour battre campagne, organiser une campagne de fond, viraliser l'information... C'est entendu. Maintenant, au tour de la diplomatie de trouver une utilité certaine aux réseaux sociaux. 

Avec l’entrée au pouvoir de Barack Obama, les Etats-Unis ont inventé la diplomatie digitale

  • En quelques années, les réseaux sociaux ont pris une place centrale dans la politique américaine et a fortiori dans sa stratégie d’influence internationale. Dès l’entrée en fonction de Barack Obama en 2009, le « smart power » est apparu comme le nouveau mode de déploiement de la diplomatie américaine à travers le monde et Twitter et Facebook sont devenus des canaux de communication clés pour la Maison Blanche.

  • A l’origine de cette nouvelle « diplomatie digitale », on trouve Alec Ross, Senior Advisor for Innovation auprès de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Un poste crée sur mesure pour ce conseiller qui s’est notamment illustré par son usage novateur de Twitter au moment des « révolutions arabes » et par son activisme auprès des jeunesses révolutionnaires à qui il a pu envoyer des messages forts - tels que "Les citoyens doivent avoir le droit de critiquer un gouvernement sans peur de représailles » - preuve du soutien qu’a témoigné le gouvernement américain aux activistes égyptiens et tunisiens.

  • Mais la manière dont le Printemps arabe s’est appuyé sur Internet est loin d’être l’unique manifestation de cette nouvelle donne dans la diplomatie américaine. A cet effet, le Baker Institute for Public Policy de l’Université de Rice a récemment publié un document sous forme d’état des lieux du développement de la cyber-diplomatie du Département d’Etat américain. Ainsi, des progrès de l’e-démocratie américaine de Colin Powell à Hilary Clinton au phénomène de Wikileaks en passant par la mise en place d’un cyber-commandement américain à Fort Meade, l’étude fournit une bonne vision d’ensemble de la manière dont Internet a révolutionné la gestion des relations nationales américaines.

Prudente au départ, la France saisit peu à peu les enjeux de cette nouvelle donne diplomatique

  • En France, c’est avec attention, mais non sans une certaine retenue que le monde politique a d’abord observé le développement de cette « diplomatie 2.0 ». D’après Pierre-Yves Amara, ancien correspondant du Quai d’Orsay en Tunisie puis en Macédoine, si la France peine à prendre le tournant de la diplomatie digitale, c’est en partie par méfiance à l’égard des ONG et autres activistes du web. C’est sa crainte de sortir des sentiers battus de la diplomatie traditionnelle, qui l’a, à son sens, conduite à faire de lourdes erreurs stratégiques, comme lorsque Michèle Alliot Marie a proposé d’ « envoyer des CRS face aux révolutionnaires tunisiens (…) ». Pour autant, aujourd’hui, la France semble bien en passe de prendre ce tournant de la diplomatie digitale engagé par les Etats-Unis.
  • Mesurant l’impact toujours croissant des technologies de l’information et de la communication (TIC) sur les relations internationales et la diplomatie publique, le Quai d’Orsay définissait, dans une tribune publiée en février dernier, les réseaux sociaux comme un « espace où il importe d’être présent et actif si l’on veut exister, si l’on veut y faire partager nos valeurs (…)». Il se montre de plus en plus soucieux de déployer la présence digitale du réseau diplomatique français, d’utiliser les réseaux sociaux comme des canaux performants d’information au service de la sécurité des ressortissants français, ou comme de puissants vecteurs d’influence pour diffuser l’action de la France à l’international.
  • A cet effet, en septembre 2011, la Conférence des Ambassadeurs faisait état de sa volonté de rendre plus accessible la politique étrangère française. Par exemple, alors qu’un peu plus tôt le département d’Etat américain avait ouvert un compte officiel en langue arabe pour communiquer directement avec les populations du Moyen Orient, en mars 2012 le Quai d’Orsay lui embrayait le pas en ouvrant à son tour un compte Twitter en Arabe sous le nom de @francediplo_AR  destiné à permettre au Ministère des Affaires étrangères de communiquer sur son action à l’internationale et a fortiori dans le monde arabe

Le chiffre : 1,6 million

  • C’est le nombre de visiteurs uniques qu’accueille tous les mois sur le  site  du Ministère des Affaires Etrangères
  • Avec plus de 132 000 abonnés, le Quai d’Orsay se situe d’ailleurs, d’après un classement publié par La Netscouade en février dernier, en tête des comptes Twitter des institutions de l’État, devant l’Elysée et le Sénat.