Actualité 18 08 2011

Innovation : quand « Sénat » rime avec « Open Data »

La Netscouade

Par La Netscouade

L’aptitude de l’institution à s’emparer des modes de communication de son époque n’est pas une nouveauté. Lancé en 1995, Senat.fr fut l’un des premiers sites institutionnels francophone. Seize ans plus tard, le site compte plus d’un million de visiteurs uniques par mois sur les quelque 600 000 pages de son arborescence. En 2010, l’institution franchit un nouveau cap en se lançant sur les réseaux sociaux : sa page Facebook compte presque 6 000 fans et son principal compte Twitter, @Senat_Info, est suivi par plus de 15 000 personnes.  

Y-a-t-il alors un tropisme numérique au Sénat ? On a décidément envie de le croire depuis l’annonce d’une « expérimentation » en matière d’open data, à l’occasion des élections sénatoriales : « Le 25 septembre prochain, pour la première fois, les résultats des élections sénatoriales – ainsi que les listes de candidats – seront publiés en temps réel sur le site du Sénat dans des formats « ouverts » (open data) qui faciliteront la réutilisation de ces données par tous ceux qui en auraient l'usage », est-il expliqué sur les pages du dossier spécial « élections sénatoriales ». Au fil de la journée, on trouvera par exemple la liste des sénateurs élus par circonscriptions, l’âge, le sexe, les catégories socioprofessionnelles et les autres mandats des nouveaux élus.  

Expérimentation isolée ou réel tournant dans la libération des données sénatoriales ? S’il est encore trop tôt pour répondre, force est de constater que le Sénat montre l’exemple en grillant la politesse à Etalab, le portail de données publiques du Gouvernement, qui tarde à voir le jour. Pendant ce temps, les deux directions concernées par le projet, la direction des systèmes d’information et la direction de la communication du Sénat, ont fignolé l’événement dans ses moindres détails. Une adresse mail de contact (opendata-tech@senat.fr) a été ouverte pour répondre aux questions des internautes, et un logo —reproduit ci-dessus— a même été rendu public, pour faciliter l’identification des données concernées sur le site du Sénat.  

Seul bémol, la licence de réutilisation qui accompagnera les données du scrutin du 25 septembre prochain. Si la réutilisation des données sera bien gratuite, et ce même pour les utilisations commerciales, le Sénat « se réserve le droit à tout moment, et pour quelque motif que ce soit, de modifier les conditions de réutilisation fixées dans la présente licence, de mettre un terme à leur production ou modifier leur contenu ou la fréquence de leur mise à jour ».  

Quoi qu’il advienne de ce coup d’essai, preuve en est que le sujet, encore récemment l’apanage de quelques prophètes de la blogosphère, est en train de déborder de la sphère politique pour pénétrer l’administration française, la première concernée par cette évolution.