Nouvelles pratiques, nouvelles figures, dispositifs à risque : le web est un terrain fertile pour la politique

Entre création de nouveaux outils et usages, émergence de nouvelles figures mais aussi problèmes démocratiques : le web politique cherche sa voie. Analyse.
Le web politique voit fleurir beaucoup d’initiatives qui suscitent quelques réserves
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Le web est devenu une alternative aux médias traditionnels. Pendant la campagne présidentielle, il a été le théâtre d’initiatives diverses tant de la part des candidats que des sites de médias. Les politiques, conscients qu’ils doivent adopter ces nouveaux outils de communication, ont très tôt été enthousiasmés par ces plateformes de réseaux sociaux dans lesquelles ils ont vu à la fois un puissant canal pour diffuser leur message, et la promesse de voir émerger les bases d’une démocratie plus directe.
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Quoique la présence des élus sur la toile soit inégale, une dynamique est indéniablement en marche. Après les présidentielles, place aux législatives: à la veille des élections, deux dispositifs ont été mis en place pour permettre aux internautes de se familiariser avec les programmes des candidats de leur circonscription. Le 21 mai dernier, c’est l’AFP qui publiait, en partenariat avec le site Slate, une liste des différentes circonscriptions et des hashtags qui leurs sont associés. Ainsi, les twittos pourront savoir quel hashtag utiliser et suivre pour connaître les actualités de leur circonscription.
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De son côté, l’Assemblée nationale ouvre pour l’occasion un site dédié qui permettra aux internautes de découvrir leurs candidats, mais aussi de visiter virtuellement l’Assemblée nationale et d’en apprendre un peu plus sur la fonction de député.
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Face à l’émulation de ces derniers mois, certains, plus prudents, rappellent qu’il ne faut pas foncer tête baissée et considérer les médias sociaux comme des outils de communication spontanés: dans un environnement où chaque information peut être rapportée, commentée et partagée par les internautes, ces outils nécessitent d’être véritablement maîtrisés par les élus qui les intègrent à leur communication.
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Autre appel à la prudence, un petit article de Frenchweb rappelait pendant la campagne et face à la multiplication des applications et autrse comparateurs de candidats publiés en ligne, qu’aucun test ne peut être réellement neutre et que, « pris seul comme outil de décision électoral, l’internet n’est probablement ni plus ni moins dangereux qu’un autre média ».
L’utilisation d’Internet peut aussi générer des risques qui menaceraient le système démocratique
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Risqué, Internet ? C’est plutôt l’exploitation qui en est faite qui peut évidemment l’être lorsque les process ne sont pas suffisamment sécurisés. A ce sujet, l’idée du vote par Internet, toute séduisante qu’elle soit, retient l’attention de nombreux observateurs qui alertent les autorités sur le fait que le dispositif, encore mal rôdé, ne devrait pas être utilisé.
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Le problème est on ne peut plus d’actualité: le 23 mai dernier, la plateforme de vote dédiée aux électeurs français de l’étranger était ouverte. Jusqu’au 29 mai, et ce pour la première fois pour un scrutin d’une telle importance, les 1,1 million de nos concitoyens résidant à l’étranger pouvaient voter en ligne.
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La mise en place de ce dispositif a suscité de vives critiques, notamment de la part du Parti Pirate français qui dénonce l’opacité d’un tel système et regrette vivement que le contrôle du scrutin soit laissé aux mains de sociétés privées , véritable brèche selon eux, dans notre système démocratique. Certains prévoient même, à l’instar de José Garson, candidat de l’une des circonscriptions de l’étranger, de saisir le Conseil d’Etat pour faire annuler le scrutin.
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D’un point de vue technique, l’ensemble du système informatique a été sous-traité à des entreprises privées et le contrôle du scrutin est rendu impossible. Les candidats qui ont demandé à le faire se sont vus refuser l’accès au code source du logiciel qui comptabilise les bulletins de vote sous prétexte qu’il relève du secret industriel.
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En outre, les premiers témoignages recueillis par le Parti Pirate sur son site soulèvent les problèmes techniques survenus depuis le 23 mai, empêchant de nombreux électeurs de voter. La plateforme de vote ne serait pas compatible avec les versions les plus récentes de Java, une hypothèse confirmée par le ministère des affaires étrangères qui préconise aux électeurs dont l’ordinateur est en Java 7 de revenir à une version plus ancienne et donc, moins sécurisée. Le ministère conseille aussi officiellement aux internautes de « désactiver momentanément l’antivirus » quand « certains antivirus sont configurés pour éviter l’exécution du code Java sur votre ordinateur ». Une recommandation plutôt surprenante, et pour le moins peu rassurante pour les électeurs.
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D’autant que, dans un article, intitulé « comment mon ordinateur a voté à mon insu », un informaticien résidant à l’étranger a démontré qu’il était tout à fait possible de pirater le vote en injectant du code dans l’application java fournie par le ministère des affaires étrangères. Avec une solide connaissance en programmation java, un pirate pourrait aisément modifier le vote d’un électeur sans que ce dernier puisse s’en apercevoir.
Anonymous, Parti Pirate, le web fait aussi émerger de nouvelles figures politiques
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Le 2 avril dernier, le Parti Pirate Français mettait en ligne son site de campagne pour les élections législatives. Plaçant au cœur de son programme le libre accès à Internet et aux logiciels et la légalisation organisée du téléchargement, le parti prône aussi une meilleure défense des libertés numériques, lutte contre le fichage abusif sur Internet, défend l’indépendance de la justice et milite pour la transparence de la vie politique et l’ouverture des données publiques.
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Né en Suède en 2006 en réaction à des poursuites engagés contre les fondateurs de The Pirate Bay, le Parti Pirate est aujourd’hui présent dans près de 30 pays où il s’est donné pour mission de libérer l'accès à la culture et de renforcer la transparence des institutions et la protection des droits des citoyens.
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Alors qu’il avait déjà propulsé un membre au Parlement suédois en 2009, c’est lors d’un scrutin régional allemand que le Parti Pirate a rencontré un vif succès en septembre dernier en comptabilisant 8.9% des voix pour le landstag de Berlin. Avec 15 députés au Parlement, il devenu la 4ème force politique allemande. Si la branche française n’en est pas à ce stade de développement, ses représentants, conscients qu’ils n’obtiendront pas de place à l’Assemblée, misent sur des scores symboliques dans quelques circonscriptions et souhaitent surtout porter leurs idées sur le devant de la scène pour familiariser les citoyens avec les valeurs qu’ils défendent.
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Autre force présente un peu partout à l’international, les Anonymous ont pénétré le territoire chinois où un nouveau groupe d’activistes, les « Anonymous China » s’attaquent depuis quelques mois au célèbre « Great Fire Wall » bâti par les autorités pour filtrer toutes les recherches des internautes sur la toile.
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C’est le premier mouvement de hackers à s’attaquer massivement aux dispositifs de surveillance du web : le 5 avril dernier, ils ont piraté 300 sites liés au gouvernement et autres sites d’affaires. Ce fut le début d’une séries d’opérations moins médiatisées de la part des ces cyber-activistes qui appellent le peuple chinois à s’insurger contre le régime et à utiliser des VPN (réseaux privés virtuels) pour contourner la censure.
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En Chine, sites, FAI, moteurs de recherches et autres plateformes de micro-blogging collaborent avec le gouvernement pour tenter de réprimer au mieux tout type de revendication ou d’émeutes. Depuis fin 2011, le Parti n’a cessé de renforcer la lutte contre la cyber-dissidence, et des dizaines de chefs d’entreprises chinois se sont engagées à lutter contre « les rumeurs nuisibles à l’ordre social » circulant sur internet.
Le chiffre : 415
C’est le nombre de députés qui n’ont encore pas de comptes Twitter, soit 74% d’entre eux, d’après Elus 2.0. C’est à peine moins qu’en 2011, où ils étaient 78% à être absents de la plateforme de micro-blogging. Ils sont encore 52% à ne pas avoir de profil Facebook, contre 53% un an plus tôt.
Un an après la publication de leur première étude sur l’activité des députés en ligne, Elus 2.0 constate que les députés se tiennent encore bien à l’écart des médias sociaux. Une chose est sûre, donc: la campagne des législatives ne passera pas par ces canaux.