Actualité 28 02 2013

À retenir : 5 règles éditoriales pour un webdoc réussi

La Netscouade

Par La Netscouade

Le webdoc, c'est un documentaire augmenté des techniques du web avec une préoccupation majeure : livrer au public une expérience de narration que la télévision classique ne permettrait pas de faire vivre ! Gamification, cohérence du récit, mise en avant des informations : comment construire un récit engageant le public tout en lui laissant le choix de sa narration ? La Netscouade vous donne cinq conseils éditoriaux.

Réaliser un webdoc, c’est affronter l’antinomie en se lançant le défi de séparer le récit de la narration. Il s’agit de réunir d’un côté, l’information brute que tout documentaire se propose de délivrer, et de l’autre, la possibilité laissée au lecteur d’organiser par lui-même sa propre réception de ces données. D’un côté, le travail de documentation doit traiter la globalité du sujet, de l’autre, est laissée à l’internaute la possibilité de vagabonder d’un détail à l’autre. D’un côté, l’objectivité des faits doit être embrassée, quand de l’autre, la subjectivité de la narration dépend des centres d’intérêts et du temps de l’utilisateur.

Le travail du documentariste prend alors une autre ampleur : au travail d’information et de restitution linéaire, s’ajoute celui de la structuration de son récit pour le rendre adaptable à la navigation souhaitée par le visiteur. Le web se met au service d’une nouvelle expérience journalistique.

Mais comment tenir cette promesse d’interactivité ? Comment délivrer un savoir brut en laissant au public la possibilité d’en organiser la narration ? Après avoir participé à la Master Class d'Alexandre Brachet d'Upian sur le webdocumentaire, et forte de ses expériences en la matière, La Netscouade vous propose d'explorer les 5 règles, côté édito, pour réussir votre webdoc.

 

Ce documentaire dont vous êtes le héros

Par définition, le webdoc doit remplir une promesse : celle d’explorer toutes les possibilités qu’offre le web pour revisiter les schémas classiques de narration linéaire. Gamification, interactivité, visites virtuelles : le format web est le signe d’une liberté nouvelle pour le spectateur. 

Dans le webdoc Prison Valley, c’est vous qui choisissez de vous déplacer, de contacer tel ou tel personnage ou de collecter certaines informations.

 

Le webdoc a fait avancer le documentaire classique vers un contenu « dont vous êtes le héros ». Le visiteur organise lui-même son exploration au cœur du sujet traité et navigue, de contenus en contenus, selon un fil d’Ariane qui lui est propre. 

 

Quelle est la navigation la plus pertinente ?

Créer un documentaire, c’est raconter une histoire prenant en compte plusieurs types de navigations, qu’il s’agisse de : 

  • la temporalité de l’action ;

  • la géographie des lieux ;

  • les personnages mis en scène ;

  • la typologie de leurs actions, etc.

Le Webdoc réalisé par La Netscouade pour le Leem propose à l’utilisateur de sélectionner lui-même les contenus qui l’intéressent et de naviguer, comme il le souhaite, parmi ces vidéos.

 

Ces données narratives sont autant d’angles sur lesquels vous pouvez organiser votre webdoc : je choisis de découvrir le sujet en fonction des personnages ou des lieux proposés. Cette multitude de choix pour le lecteur impose une autre règle au narrateur : celle d’un menu des possibles clair, engageant et facile d’accès par l’utilisateur.

 

Définir un pacte narratif avec le lecteur

Le webdoc s'adresse à un spectateur qui souhaite être actif et impliqué dans le programme. Ainsi, le "call to action" déterminé par l'éditeur doit être lisible et efficace : c’est le prérequis de l’engagement avec votre lecteur, le pacte narratif qui scelle son affinitité avec le webdoc. De ce précepte, découlent deux conseils : 

pour réaliser une introduction à votre webdoc claire et efficace, définissez-en les buts concrets, accompagnés de règles compréhensibles ;

le design doit donner une cohérence à l’ensemble du projet.

Exemple : Le webdoc Gaza-Sderot, la vie malgré tout parle de la vie quotidienne dans ces deux villes, séparées par la frontière palestino-israélienne. Dans tout le webdoc, vous retrouvez cette structure binaire séparée par une ligne (un mur ? une frontière ?) qui distingue les histoires de habitants des deux cités. 

 

Gaza Sderot : deux récits séparés dans le webdoc par une ligne infranchissable, comme il le sont par dans la réalité par une frontière insurmontable.
 

Coller à la théorie du flow

Tout l’enjeu pour le webdoc, comme l'explique François Maurin sur The Pixel Hunt, est de faire entrer le spectateurs dans cet état de « flow » : juste le bon niveau entre la simplicité et la complexité pour que celui-ci puisse contrôler et maîtriser le contenu.Définie par le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi, le concept du « cognitive flow » ou flux cognitif théorise l’influence de notre disposition émotionnelle par le rapport entre la difficulté d’une tâche et notre niveau de qualification. En clair : si la tâche est trop complexe ou si elle est trop simple, l’ennui gagne votre internaute. Tout l’enjeu pour le webdoc, est de faire entrer le spectateurs dans cet état de « flow » : juste le bon niveau entre la simplicité et la complexité pour que celui-ci puisse contrôler et maîtriser le contenu.

Une arborescence trop complexe du webdoc, des menus et sous-menus abyssaux ou au contraire une narration trop linéaire auront tôt fait de lasser le spectateur.

 

Le webdoc amour2.0 propose ainsi au lecteur, via un système de pastilles, d’en savoir plus sur le contexte géographique. En cliquant sur ces points roses, le spectateur est redirigé vers une page statique donnant des informations sur le repère géographique.

 

Pour maintenir la concentration du public, la navigation par pastilles qui apparaissent au cours de la narration pour explorer davantage un sujet n’est pas toujours judicieux. La diversion que provoquent ces suspensions dans le récit constitue un risque de dispersion et donc de désintérêt du visiteur.

 

Webdoc pour débutants ou confirmés ?

Web-native ou non, geeks ou néophytes, tout le monde n’a pas la même « qualification » pour comprendre le webdoc et progresser au sein d’une narration discursive. Néanmoins, il est possible de proposer à l’utilisateur, plusieurs modes de consultation, comme le fait le Go Ukraine #2012. Dans ce webdoc proposé par Le Monde, Oleg et Katya vous guident dans la découverte de plusieurs aspects de l’Ukraine, pays d’accueil de la Coupe du monde 2012 : ils accueillent et guident l’internaute au long de son parcours , en lui rappelant toujours la possibilité de changer de sujet et de revenir au menu principal.

 

Oleg vous guide à la découverte de l’Ukraine, dans le webdoc Go Ukraine #2012.

Le webdoc propose une forme de récit linéaire et classique ou une forme plus enrichie, avec des « décrochage » vers des sujets annexes. Cette disruption du récit, tendant parfois à la gamification, du récit et ces différents niveaux de narrations permettent au public de hiérarchiser les informations et de naviguer en fonction de sa compréhension du projet. 

 

En savoir plus : 

  • Consulter les différents webdoc du LEEM réalisés par La Netscouade :

o   Le médicament, un produit sous surveillance : http://www.leem.org/webdocs-pharmacovigilance-le-medicament-un-produit-sous-surveillance

o   La contrefaçon de médicaments : http://www.leem.org/webdoc-contrefacon-medicament

o    Le chercheur au cœur de l’innovation : http://www.leem.org/webdoc-le-chercheur-au-coeur-de-l-innovation

o   La fabrication du médicament : http://www.leem.org/webdoc-entrez-dans-les-coulisses-de-fabrication-du-medicament

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