Actualité 30 05 2012

Veille - Open data : possibilités et premières évaluations

La Netscouade

Par La Netscouade

Ces dernières semaines, deux conférences internationales étaient consacrées à l'open data, preuve que le sujet est d'intérêt ! Etats et collectivités territoriales cherchent désormais à utiliser ces données de manière pertinente, mais les projets, souvent jeunes, sont encore perfectibles. 

 

L’open data est une promesse d’avenir pour les Etats et les collectivités territoriales

  • Ouverture des données publiques, aspiration des citoyens à des modes de gouvernance plus transparents et participatifs, le mouvement de l’Open Data est en marche et sera résolument porteur de nombreux projets à venir. Obligatoire depuis 1978, l’ouverture des données publiques est aujourd’hui un enjeu majeur pour les collectivités territoriales.
  • L’institut Lecko a épluché 12 projets français et internationaux dans une étude qui a permis de dégager deux modèles d’utilisation des données : un premier concerne la diffusion des données pour les rendre le plus lisible et accessible possible, à l’instar du projet de Montpellier qui fournit un accès à ses données à partir de recherches multicritères ; un second, lié à la gestion du système, est davantage tournée vers la participation du public: Le Conseil Général de Saône et Loire propose en ce sens un espace dédié aux développeurs ainsi que des jeux concours. L’institut Lecko, voit dans l’open data un potentiel phénoménal pour les collectivités qui prendront en charge des projets bien pensés pour améliorer le quotidien des citoyens en encourageant la création de contenus et de services et en garantissant un mode de gouvernance plus ouvert, plus collaboratif et plus transparent.
  • La transparence, c’était bien le maître mot de la 2ème édition de l’Open Governement Partnership (Partenariat pour un Gouvernement Ouvert), qui réunissait mi avril à Brasilia 1200 participants venus de 60 pays à échanger sur leurs efforts pour rendre leurs systèmes de gouvernance plus ouverts. Lancé en 2011 sous la houlette de l’administration Obama, l’OGP promeut la participation des citoyens et encourage la collaboration entre ses Etats membres ainsi qu’avec des acteurs de la société civile pour progresser dans la voie de l’open gouvernement. On l’a vu cette année, l’OGP peut aussi servir de tribune internationale aux membres de la société civile pour faire remonter leurs revendications et critiques auprès de leur gouvernement. C’est ainsi que les membres de la société civile philippine ont pressé leur gouvernement pour qu’il adopte enfin la loi d’accès à l’information qui sommeille au Parlement philippin sans prendre effet.
  • L’OGP en est encore à ses début, les mois, ou les années à venir seront déterminants, et si certaines réserves se font entendre l’initiative est plutôt saluée par ceux, trop rares encore, qui s’intéressent à ces questions.

 

Malgré les projets entrepris, les initiatives restent encore imparfaites et difficilement mesurables

  • Si le mouvement est lancé, l’heure n’est pas encore à la transparence de l’action publique. En France, c’est Rennes métropole qui fut à l’avant-garde de ce mouvement, nourrissant espoirs et attentes. D’autres ont suivi, mais deux ans après les premières initiatives, on enregistre peu de propositions pour améliorer la gestion publique et les projets des collectivités territoriales manquent encore de structuration. C’est en tout cas ce que regrette Philippe Ourliac, délégué général de l’Observatoire des territoires numériques, qui appelle à ce que l’euphorie pressante de l’ouverture des données cesse pour que les collectivités définissent enfin des projets de réutilisation en fonction de leurs propres besoins et priorités.
  • Pour Amandine Brugière, chef de projet d’un programme de réutilisation des données publiques à la Fondation internet nouvelle génération (Fing), la confusion règne encore parmi les acteurs locaux de la démocratie participative qui « ne savent pas eux-mêmes quel usage ils peuvent faire de ces données ».
  • Autres points majeurs : technophiles et militants de l’open data n’ont, comme le souligne Simon Chignart « ni la même définition de la transparence, ni les mêmes attentes » et il reste encore bien difficile d’évaluer l’open data. C’est justement en ce sens que l’Open Knowledge Foundation a ouvert une base recensant l’open data à travers le monde sur la base de 10 jeux de données et qui pourra permettre aux gouvernement de prendre la mesure de l’ouverture de leurs données.

 

L'initiative : la Semaine Européenne de l'Open Data

 

  • Riche printemps pour l’open data: Après la tenue internationale de l’OGP en avril dernier, c’est la Semaine européenne de l’open data qui se tenait à Nantes du 21 au 26 mai.
  • Organisée par la Fondation Internet nouvelle génération (Fing) – soucieuse de sensibiliser les publics non technophiles aux enjeux de l’open data - la manifestation accueillait des associations ou partenaires engagés localement dans l’ouverture de données publiques.
  • Cette semaine, de nombreuses associations étaient donc invitées à présenter leurs premières expériences d’appropriation des données, à l’instar de l’association Décider ensemble ou encore les Petits Débrouillards.
  • De telles initiatives sont encourageantes et permettront sans doute de faire sortir la question des données du petit cercle d’initiés auprès duquel elle reste encore très cantonnée.

 

Le chiffre : 

352 531 : c’est le nombre de jeux de données mis en ligne sur datagouv.fr. Parmi ces jeux, les données concernant la circulation sont les plus consultées, juste devant celles du budget. 22 de ces jeux de données ont été mis en ligne par 5 collectivités territoriales, dont la région Saône et Loire qui propose 156 jeux de données sur sa plateforme. Sur ce site, les données les plus consultées concernent les cartes postales, les subventions par commune, les horaires des transports ou encore les balades vertes.