Notre charte pour un usage citoyen de l’IA
Steve Jobs avait eu, dans les années 80, cette phrase restée célèbre : “l’ordinateur est un vélo pour l’esprit”. Le Mac était alors un objet magique permettant à l’humain d’aller plus loin, plus vite, et avec moins d’effort. Quarante ans plus tard, une nouvelle révolution a transformé radicalement nos manières de travailler, de produire et de décider : l’IA générative.
Deux modèles d’utilisation de l’IA se font face : le “vélo pour l’esprit”, héritier de Steve Jobs, où l’humain pédale de concert avec la machine, et le mode autopilote, où l’on se croise les bras et on attend l’output de génie. À La Netscouade, nous sommes persuadés qu’il ne faut jamais laisser l’IA en pilotage automatique, ne pas la subir mais la maîtriser. L’humain doit toujours garder le dernier mot.
On ne va pas se mentir : la tentation est grande. Un prompt un peu flou, un clic, et hop, un texte tombe. Mais utiliser l’IA comme un raccourci pour ne plus réfléchir est la garantie de produire une soupe tiède. L’algorithme cherchera toujours la réponse la plus probable, et donc la plus prévisible. Notre job, c’est précisément d’aller chercher l’imprévisible.
L’IA est finalement un collègue comme un autre, avec des talents fous et des lacunes qu’on ne parviendra jamais à corriger. “Traitez-la comme la personne la plus intelligente que vous ayez jamais rencontrée, mais rappelez-vous qu’elle est imparfaite”, écrit Jin VandeHei, PDG d’Axios. Une chose est certaine : l’IA ne nous rend meilleurs que si l’on devient deux fois plus exigeants. C’est pour cette raison que nous avons rédigé, avec nos équipes et nos clients, une charte d’utilisation que nous sommes ravis de vous partager.
1. L’IA génère, nous décidons.
L’IA ressemble à un apprenti surdoué, qui n’aurait aucune expérience de la vie : sur le papier, il sait tout faire ; en réalité, on ne peut jamais lui faire confiance. Chacune de ses productions est relue, contextualisée et passée au filtre de l’expertise pour traquer biais, hallucinations et approximations. La nuance, la stratégie et la responsabilité finale restent nos territoires souverains.
2. L’IA aplatit tout, nous cherchons la singularité.
Les textes et vidéos synthétiques ont envahi l’Internet, l’IA slop étend toujours plus sa toile, et les créations s’aseptisent de plus en plus. Le contenu est devenu le produit le moins onéreux du monde, généré en un clic. Pour une agence comme la nôtre, il ne s’agit plus tant de produire du contenu que de produire du contenu singulier, qui reste trois étages au-dessus du slop. Du contenu qui élève, qui fait avancer, qui informe, qui divertit.
3. Vos données sont un patrimoine, pas du carburant pour IA.
Pour nous, vos données sont un actif précieux, pas une matière brute destinée à entraîner les modèles de la Silicon Valley. Nous avons fait le choix de solutions étanches et souveraines, qui respectent scrupuleusement les exigences réglementaires. La sécurité de vos informations n’est pas une ligne de plus dans un contrat, c’est le socle de notre collaboration.
4. L’exigence de la transparence : l’IA n’est pas un passager clandestin.
Nous ne planquons pas la machine sous le tapis pour faire croire au génie solitaire. Quand l’IA joue un rôle majeur dans nos productions, nous l’assumons et l’affichons. L’IA ne sera jamais un ghostwriter honteux : nous distinguons ce qui est généré, assisté ou humain, et nous assurons la traçabilité et la vérification des sources.
5. L’IA ne doit pas être la chambre d’écho de nos préjugés.
L’algorithme est un miroir qui a la fâcheuse tendance de refléter nos biais, stéréotypes et préjugés en tout genre. Notre rôle en tant qu’agence est de les repérer et de les corriger, afin d’éviter que la technologie ne devienne un porte-voix des discriminations. C’est à ce prix que l’IA peut être un outil d’inclusion et d’élévation.
6. L’IA n’est pas un permis de piller les œuvres.
L’intelligence artificielle sait tout imiter, mais ce n’est pas une artiste. Elle s’est entraînée sur les données de créateurs, dont les droits d’auteur ne sont pas toujours respectés. Il faut en avoir conscience et rappeler qu’aucune image, voix ou œuvre ne peut être utilisée sans consentement. Nous innovons avec rigueur et respect, en respectant la traçabilité.
7. Écologie : l’IA n’est pas un buffet à volonté.
On ne sort pas le SUV pour aller chercher une baguette au coin de la rue. Le raisonnement est le même pour l’IA. Chaque requête a un coût énergétique, il faut toujours en être conscient lorsque l’on prompte. On ne branche pas l’intelligence artificielle quand elle est superflue, son usage répond toujours à des besoins réels. Nous choisissons nos outils pour leur utilité réelle et leur impact maîtrisé.
8. L’IA nous permet d’être plus stratégiques.
La technologie nous libère du temps pour la réflexion stratégique et la créativité. Mais nous ne la limitons pas aux corvées à faible valeur ajoutée : en phase stratégique, l’IA challenge nos intuitions, nous force à explorer de nouvelles pistes, afin d’être bien certain d’avoir étudié toutes les possibilités. En phase d’idéation, la technologie permet d’accélérer le passage de l’idée à la production en levant plus vite les freins et les loups.
9. La confiance est un sport collectif.
Cette exigence que nous avons avec l’IA, nous la partageons avec nos partenaires. C’est très clair entre nous, ils doivent appliquer les mêmes standards : sécurité, qualité, éthique et transparence. Nous ne construisons rien de solide si nos partenaires n’ont pas les mêmes lignes rouges.
10. L’IA progresse vite. Nos équipes aussi.
Il n’est pas question de remplacer nos salariés par des IA au nom de gains de productivité jamais vraiment vérifiés. Notre engagement est inverse : former en continu, embarquer tout le monde, faire de chaque collaborateur un utilisateur éclairé de ces outils. Il ne s’agit pas de faire “autant avec moins”, mais “mieux avec les mêmes”.